"Je veux voir ce sourire !"
C'est la première chose que notre guide a dite ! Une semaine à Lanzarote, sentir le soleil et recharger les batteries. Pas de contraintes horaires, un peu de farniente, de l'activité, un verre, de bons repas ou un livre à lire. Une semaine à faire ce dont on a envie. Goûter le printemps en avance, voilà l'objectif.
Après notre arrivée à Lanzarote et une journée d'acclimatation, nous avons décidé qu'il était temps d'explorer l'île. À la recherche d'une voiture de location, ce qui s'est avéré impossible. Pratiquement aucune location disponible : sous l'effet de la pandémie, aucun nouveau véhicule de location n'avait été approvisionné sur l'île. La plupart des agences de location étaient donc fermées.
Loin de nous laisser décourager, nous avons cherché une bonne alternative. Des circuits en vélo électrique à travers l'île, un beau défi. Surtout dans ce paysage. Or, il s'avère qu'en dehors du front de mer, il n'existe pratiquement aucune piste cyclable à Lanzarote. Si vous souhaitez voir un peu plus et passer par quelques villages, les routes de 50 et 80 km deviennent votre chemin à suivre. En tant que Néerlandais, habitués uniquement aux belles pistes cyclables, c'est une aventure palpitante. Alors, opter pour un circuit guidé ? Ce n'est vraiment pas notre style, nous aimons partir seuls, tout explorer et découvrir par nous-mêmes. Pourtant, nous avons franchi le pas et avons passé une journée avec un groupe de personnes — appelons-les compagnons de fortune — guidés par une jeune sportive, à découvrir l'île.
Teguise
La première chose qu'Ilse, notre guide, a dite était : "Je veux voir ce sourire". Que vous gravissez ou descendiez la montagne, faites-le avec le sourire. Quand vous souriez, vous êtes détendu. Cela nous évite les chutes, et en plus : "Si vous passez une bonne journée, moi aussi."
Tout le monde a mis son casque de vélo et son plus beau sourire, armé d'une bonne couche de FPS 50, et la journée a commencé. En colonne à la montée, traversant de grands ronds-points, empruntant petites et grandes routes, nous avons atteint après quelques heures de vélo la magnifique Teguise, l'ancienne capitale.
Pour ceux qui connaissent Lanzarote, le nom de César Manrique ne leur est certainement pas étranger. Artiste de l'île, mais pour la population il était en quelque sorte le gardien de son île natale. Sa mission était de protéger l'île contre le tourisme de masse grâce à ses idées artistiques. Le respect de la nature et de la culture locale, ces deux éléments devaient aller de pair dans le développement du tourisme. Et qu'il y soit parvenu est un fait. L'île n'est pas envahie, encore aujourd'hui, par des panneaux publicitaires criards ni par des hôtels de grande hauteur (ceux-ci ne peuvent pas dépasser 4 étages). Sur toute l'île, toutes les maisons et tous les bâtiments sont peints en blanc avec des menuiseries alternativement brunes, vertes ou bleues, ce qu'il avait également prescrit. Une île authentique donc, préservant sa propre culture, avec amour et respect pour la nature. En pédalant ainsi à travers l'île, nous avons pu admirer de nombreuses œuvres de César, presque chaque rond-point en témoigne avec fierté.
Arrivés à Teguise, les jambes étaient devenues lourdes, et après quelques étirements, nous avons pris la descente. Longeant de magnifiques paysages volcaniques et les célèbres vignobles de La Geria, nous sommes revenus au bord de la mer après environ une heure de descente.
Une telle descente paraît simple, mais pour ceux qui me connaissent un peu, il faudra encore longtemps avant de trouver plus héroïque que moi. Quel stress m'a envahi, le groupe de cyclistes électriques a lâché les freins et a dévalé ensemble comme des fous, du moins c'est ce que j'ai vécu. Et moi ? Comme un escargot bien calculé, à tout de même 25-30 km/h, pendant que les autres descendaient à environ 45 km/h, j'ai suivi mon propre chemin en gardant surtout à l'esprit la mission de notre charmante Ilse : "Je veux voir ce sourire".
Mission accomplie, nous sommes tous arrivés en bas avec le sourire. Grâce à Ilse et à son équipe, ce fut une journée merveilleuse ! Gracias Ilse !!!