Tour des Pays-Bas
Tout commence dès la préparation des valises : on avait une sensation étrange, comme si ce qu'on emportait et la façon dont on le faisait n'avait guère d'importance. Ce qui ne tient pas vraiment la route, car on a besoin de ses sous-vêtements et de son café partout où l'on va. Notre « voyage » a débuté par notre week-end familial annuel — un vrai bonheur de retrouver tout le monde, de papoter et de se faire des câlins. Franchement, peut-on rêver d'un meilleur début de vacances ? Ensuite, cap sur Lemmer en Frise, puis Edam, Volendam et Marken, avant de poursuivre vers Katwijk aan Zee, Nieuwkoop, et de terminer nos derniers jours à Doesburg.
À Katwijk aan Zee, nous avons même été filmés pour l'émission télévisée « doet ie het of doet ie het niet » (« il tombe dans le panneau ou pas ») ! C'était une situation pour le moins étrange : une fille m'a demandé de ramasser une crotte de chien pour ne pas abîmer ses beaux ongles. On a littéralement flairé le piège. Je doutais de ses bonnes intentions et j'ai soumis la demoiselle à une série de questions, du genre : « c'est une sacrée crotte pour un si petit chien ». Je n'y avais aucune confiance, les idées les plus folles me traversaient la tête, y compris celle d'un guet-apens. Mon chéri observait la scène de loin dans un premier temps, mais il a fini par s'approcher, a ramassé le « coupable » et a éclaté de rire — c'était du faux, bien sûr. L'émission sera diffusée au printemps prochain. Si la réalisation l'approuve, nous apparaîtrons dans le programme. Dans tous les cas, on y est plutôt bien mis en valeur tous les deux : « me the bitch and he the good guy ».
Les derniers jours ont été vraiment brûlants : on ne pouvait faire du vélo qu'en matinée ou en soirée. Heureusement, à Doesburg, nous avions un magnifique emplacement dans les plaines inondables de l'IJssel, un camping avec une nouvelle piscine et une multitude de parasols. On se serait cru en Italie, mais sans les lacs !
De retour à la maison, sous la pluie et sur les réseaux sociaux !
Maintenant, de retour chez moi depuis quelques semaines, devant mon écran, les averses se succèdent pendant que j'écris ces lignes. Toutes ces jeunes familles installées avec leurs enfants dans les campings avaient probablement imaginé mieux — chapeau à elles.
Il y a quelques semaines, j'ai eu une conversation intéressante et ouverte sur le pouvoir des réseaux sociaux, et plus particulièrement sur l'influence qu'ils exercent sur les gens — surtout les jeunes. Ce que j'observe autour de moi, c'est que les jeunes gens, les jeunes familles publient beaucoup sur les réseaux sociaux, avec un dénominateur commun : montrer à quel point tout va bien, à quel point leur jeune vie est bien organisée. Gérer leur petite famille leur réussit à merveille, sans le moindre obstacle en apparence. Ce sont tous de beaux papas et de belles mamans avec de beaux petits enfants — de belles petites familles, en somme !
Et soyons honnêtes : sa famille, son foyer, quelle qu'en soit la composition, on ne peut qu'en être extrêmement fier et avoir envie de le partager avec le monde extérieur. Quoi de plus naturel ! Car c'est ce qu'il y a de plus précieux, et c'est beau à voir — c'est aussi une source de bonheur.
Mais la réalité est parfois un peu différente de ce que l'on voit et de ce que l'on préfère montrer. Nos vêtements ne sont pas toujours aussi bien repassés, nos mains ne sont pas toujours aussi propres. Au sens propre comme au sens figuré. Il m'arrive d'avoir du mal à ne presque jamais le voir ni le lire, lorsqu'une belle séance photo défile à nouveau sur les réseaux sociaux. Ce dont je ne dis pas qu'il y a le moindre mal, entendons-nous bien.
Mais partager les vraies histoires nous rend plus humains, et pas seulement ça. Je pense que lorsque nous racontons notre vraie histoire, que nous partageons notre vraie vie quotidienne, nous envoyons le signal que la vie ne se maîtrise pas entièrement. Que même quand quelque chose ne se passe pas très bien ou tourne carrément mal, c'est aussi une réalité qui a le droit d'exister. Cela peut concerner de grandes choses, mais aussi des petites choses simples du quotidien. Encore et toujours cet équilibre, hein — entre nous, je n'ai pas vraiment de rapport à l'équilibre, comme je l'ai déjà écrit. Mais il continue de me hanter, haha ! Peut-être que ce n'est pas si absurde après tout.
Après cette conversation, « par hasard », cet après-midi-là, j'ai enfourché mon vélo pour aller rendre visite à une bonne amie, histoire de papoter un peu. Sur le chemin du retour, une averse soudaine s'est abattue sur moi et en moins d'une minute j'étais trempée jusqu'aux os comme un chat mouillé. Plus un fil sec sur moi et le mascara avait presque rejoint mon aisselle. J'ai encore envoyé un selfie à mon amie — regarde dans quel état je suis rentrée. Dans le courant de l'après-midi, des vêtements secs enfilés et les tâches ménagères en cours, mes pensées sont revenues à la conversation du matin sur les « réseaux sociaux » et ce que l'on montre ou non au monde extérieur.
J'ai alors décidé de me lancer et de poster mon selfie dégoulinante, avec cette pensée en toile de fond : ça, c'est moi aussi !

Last but not least !
J'aime la Hollande, j'aimerais beaucoup partir en Italie l'année prochaine et recevoir une bonne averse en pleine figure ne me dérange pas du tout. Je vous souhaite un très bel été, plein de soleil, et j'espère que vous profitez de l'instant présent, quel qu'il soit !